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Le statut des différentes espèces

Les 5 espèces d'hirondelles sont protégées par la loi sur la protection de la nature de 1976. A ce titre, sont interdits (JO 1981), sur tout le territoire national, et en tous temps, dans les conditions déterminées par le décret du 25 novembre 1977, la destruction ou l'enlèvement de leurs œufs et de leurs nids, leur destruction, leur mutilation, leur capture ou leur enlèvement, leur naturalisation, qu'elles soient vivantes ou mortes, leur transport, leur colportage, leur utilisation, leur mise en vente, leur vente ou leur achat.

Elles sont inscrites à l'annexe II de la convention de Berne, relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel en Europe. Dans ce cadre, toute forme de destruction, y compris la chasse, est interdite.

Deux des 5 espèces, l'Hirondelle rustique et l'Hirondelle de rivage, sont considérées comme des espèces dont la conservation est prioritaire en Europe. Pour la France, seule l'Hirondelle rousseline, classée dans la catégorie Vulnérable, est considérée comme strictement menacée .

Aucune cependant n'est inscrite à l'Annexe I de la Directive Oiseaux, ce qui exclut la possibilité de prendre des mesures de préservation spéciales et donc le classement de sites en Zones de Protection Spéciale (ZPS).

 

Les espèces menacées

Parmi nos 5 espèces d'Hirondelles, au moins deux sont considérées comme ayant un statut particulièrement défavorable en Europe. Il s'agit de l'Hirondelle rustique et de l'Hirondelle de rivage.

L'Hirondelle rustique a perdu 34 % de sa population en 15 ans du fait des modifications des pratiques agricoles orchestrées depuis près de 30 ans. L'agriculture intensive avec son cortège de produits toxiques se substitue à une agriculture extensive et à l'élevage dans de nombreuses régions de France. L'utilisation massive d'herbicides et de pesticides, quand elle n'affecte pas directement les oiseaux adultes, réduit considérablement les potentialités alimentaires des sites de nidification, et est à la fois responsable d'une baisse de densité des nicheurs et d'une baisse de productivité du nombre de jeunes volants. L'abandon du pastoralisme et la non reprise de bon nombre d'exploitations, transformées le plus souvent en résidences secondaires, aseptisent de grandes régions alors moins favorables à l'espèce. A ces contraintes, liées aux habitats en période de reproduction, s'ajoutent des phénomènes naturels telles que de très mauvaises conditions climatiques en période de reproduction et d'hivernage qui, agrégées aux précédentes, contribuent fortement au déclin de nos populations.

Dans le cas de notre petite Hirondelle de rivage, qui nichent le plus souvent dans les sablières, l’exploitation de ces dernières, sans prise en compte de leur présence brève, engendre de nombreuses déconvenues pour nos populations pourtant protégées par la loi. L'utilisation des pesticides contribue aussi fortement à son déclin encore accentué, comme pour bon nombre de migrateurs aujourd'hui, par des conditions d'hivernage de plus en plus incertaines et de plus en plus difficiles.

Le statut de l'Hirondelle de fenêtre est alarmant. Elle a perdu 84 % des ses effectifs en moins de 15 ans Chez nos voisins Belges, le déclin de cette espèce est particulièrement manifeste depuis près de 15 ans. Ceux-ci enregistrent une perte de l'effectif nicheur annuel de près de 7 % à Bruxelles et remarquent, par ailleurs, que même si ce déclin n'est pas enregistré en Grande-Bretagne, il reste particulièrement marqué en Finlande, en Suède, en Allemagne (-20 à 50 % entre 1970 et 1990) ainsi qu'au Danemark et au Pays-Bas (>50 % Tucker & Heath 1992). Si, comme pour les deux espèces précédentes, la sécheresse au Sahel est une cause évoquée, ils notent que les problèmes majeurs pour ces populations sont l'inhospitalité des façades des maisons modernes et la pollution atmosphérique qui touche tant nos grandes villes aujourd'hui. Pour certains observateurs la régression de cette espèce citadine est étroitement liée à la disparition des paysages des vieux quartiers parsemés de coins humides ou de petites friches. Comme pour l'Hirondelle rustique, la disparition des abreuvoirs à bovins, des sentiers boueux, des mares, suppriment un accès à l'élément essentiel pour la construction du nid : la boue.

L'Hirondelle de rochers est assez peu concernée par ces problèmes. Elle chasse le long des falaises soustraites aux amendements chimiques et hiverne non loin de ces zones de reproduction et échappe donc aux problèmes de sécheresse et aux mauvaises conditions d'hivernage que rencontrent ses cousines en Afrique. Bien qu'aucune tendance ne soit décelée, la surveillance de ces populations devient une nécessité d'autant que les logiques d'aménagement futur de notre territoire pourraient bien la concerner.

A l'instar de toutes les autres espèces et bien que considérée comme vulnérable en France, l'Hirondelle rousseline, installée chez nous depuis 1965, continue semble t-il son implantation. Bien qu'à priori elle ne soit pas dépendante des phénomènes et problèmes évoqués précédemment, elle fait cependant l'objet d'une surveillance annuelle sur notre territoire.

 

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